Pourquoi est-il parfois si difficile de dire du bien AUX autres ?

Ces compliments que nous pensons, mais que nous n'osons pas faire.

Vous est-il déjà arrivé de croiser quelqu'un et de penser qu'il avait un sourire magnifique ? De remarquer la jolie tenue d'une inconnue, d'admirer l'intelligence d'une personne, son humour, son élégance ou cette façon bien à elle de mettre les autres à l'aise ?

Ou simplement de vous dire que cette personne vous faisait du bien, sans même qu'elle en ait conscience ?

Et puis de repartir sans lui avoir rien dit.

Je me demande souvent pourquoi nous gardons autant de pensées positives pour nous.

Nous sommes capables de remarquer mille petites choses chez les autres, parfois même de les admirer profondément. Pourtant, lorsqu'il s'agit de les exprimer, quelque chose nous retient.

Comme si dire du bien de quelqu'un pouvait être gênant. Trop personnel. Presque déplacé.

Pourquoi est-il parfois plus facile de penser quelque chose de beau sur quelqu'un que de le lui dire ?

Ces petits gestes qui changent une journée

J'aime les gens qui sourient aux inconnus.

Ceux qui remercient un automobiliste au passage piéton, même lorsqu'ils sont prioritaires. Ceux qui prennent le temps de tenir une porte, d'adresser un regard chaleureux ou de répondre avec une gentillesse qu'on n'attendait pas forcément.

J'aime cette forme de bienveillance discrète qui n'a rien d'extraordinaire, mais qui rend le quotidien plus agréable.

Alors je me demande combien de fois nous passons à côté de ces petits moments de connexion.

Pourquoi n'osons-nous pas faire des compliments ?

Nous avons parfois peur de déranger. Dire à une inconnue qu'on trouve son manteau magnifique, à une collègue qu'on admire son intelligence ou à une amie qu'elle nous impressionne peut soudain nous sembler étonnamment difficile.

Et si elle le prenait mal ? Si elle trouvait ma remarque étrange ? Si elle pensait que j'attends quelque chose en retour ? Il arrive aussi qu'on se dise que cela ne sert à rien.

Après tout, cette femme sait probablement qu'elle est élégante. Cette personne connaît sûrement ses qualités. Et cette amie sait bien que nous l'apprécions.

Mais en sommes-nous si certaines ?

Il existe un décalage entre ce que nous pensons des autres et ce qu'ils savent réellement de notre regard sur eux. Nous pouvons admirer quelqu'un pendant des années sans jamais le lui avoir dit.

Et de son côté, cette personne peut continuer de douter de ses capacités, de sa valeur ou simplement de l'impression qu'elle laisse autour d'elle.

Ce qui me frappe, c'est que nous semblons parfois accorder davantage d'importance au risque d'être maladroits qu'à la possibilité de faire plaisir.

Nous sous-estimons le pouvoir des paroles positives

Ce phénomène a d'ailleurs été étudié en psychologie sociale.

Plusieurs recherches ont montré que les personnes qui envisagent de faire un compliment ont tendance à sous-estimer le plaisir qu'il procurera à celui ou celle qui le reçoit. Elles imaginent également davantage de gêne que les destinataires n'en ressentent réellement.

Autrement dit, nous anticipons parfois une réaction inconfortable là où l'autre pourrait surtout ressentir de la joie et de la reconnaissance.

Et ce n'est pas tout : les personnes qui osent faire ces compliments peuvent elles aussi en retirer une émotion positive. C'est assez fascinant, finalement.

Nous nous privons parfois d'un échange agréable simplement parce que nous imaginons qu'il sera plus compliqué qu'il ne l'est réellement.

Bien sûr, chaque situation est différente. Un compliment peut aussi être maladroit, intrusif ou malvenu. Mais cela ne devrait pas nous empêcher de trouver des façons sincères et respectueuses de dire ce que nous apprécions.

Le besoin d'être vu, au-delà des apparences

Je crois que nous avons tous, à différents degrés, besoin de sentir que notre présence compte.

Pas nécessairement d'être admirés ou complimentés en permanence. Mais de savoir que certaines choses que nous sommes, que nous faisons ou que nous apportons aux autres sont remarquées.

Et cela dépasse largement l'apparence physique. Bien sûr, il peut être agréable de s'entendre dire qu'on est belle, qu'on a du goût ou qu'une couleur nous va particulièrement bien.

Mais je trouve tout aussi précieux d'entendre :

« J'aime beaucoup ta façon de voir les choses. »

« Tu m'as donné envie d'oser. »

« J'admire la manière dont tu as traversé cette période. »

« Tu as une façon de raconter les histoires qui me touche. »

« C'est toujours agréable de passer du temps avec toi. »

Ces paroles ne portent pas seulement sur ce que nous montrons. Elles reconnaissent quelque chose de ce que nous sommes, de notre sensibilité, de nos talents ou de notre manière d'être au monde.

Et parfois, elles nous permettent même de découvrir une qualité que nous ne percevions pas chez nous.

Et si nous osions davantage nous admirer entre femmes ?

C'est une question qui me tient particulièrement à cœur.

Et si nous apprenions à exprimer plus librement ce que nous admirons chez les autres femmes ?

Leur beauté, oui, si le contexte s'y prête. Mais aussi leur intelligence, leur créativité, leur courage, leurs choix, leur liberté, leur singularité.

Nous avons parfois tendance à nous comparer les unes aux autres. À regarder ce que l'autre possède, réussit ou ose faire et que nous aimerions peut-être nous-mêmes accomplir.

Mais pourquoi ne pas transformer parfois cette comparaison en admiration exprimée ?

Dire à une femme qu'elle nous inspire ne retire rien à notre propre valeur. Reconnaître son talent ne diminue pas le nôtre. Et admirer son audace ne signifie pas que nous manquons de courage.

Au contraire, je trouve qu'il y a quelque chose de profondément libérateur à pouvoir apprécier les qualités d'une autre femme sans avoir besoin de se mesurer à elle. Nous ne sommes pas obligées de nous ressembler pour nous admirer. Et peut-être que nous gagnerions à nous dire davantage ces choses, entre amies, entre collègues, entre générations, ou parfois simplement au hasard d'une rencontre.

Un compliment sincère n'est pas une obligation

Il y a toutefois une nuance qui me semble importante.

Dire du bien de quelqu'un ne signifie pas commenter systématiquement son apparence ni s'autoriser à franchir ses limites.

Un compliment sur un vêtement choisi, un travail accompli ou une attitude agréable sera souvent plus facile à accueillir qu'une remarque trop personnelle sur le corps. Et tout le monde n'a pas envie d'attirer l'attention, même de manière positive.

Ce qui compte, c'est l'intention, le contexte et la façon dont nous nous adressons à l'autre.

Il ne s'agit pas non plus de flatter pour être appréciée, d'attendre une réaction particulière ou de chercher à faire plaisir à tout prix. Un compliment sincère n'est pas un échange commercial. C'est simplement une pensée positive que l'on choisit de partager, sans rien exiger en retour.

Et celui ou celle qui fait le compliment, qu'est-ce qu'il y gagne ?

C'est peut-être la partie à laquelle nous pensons le moins.

On parle souvent de l'effet d'un compliment sur celui qui le reçoit. Mais il se passe aussi quelque chose chez la personne qui le formule. Personnellement, je trouve qu'il y a un plaisir immense à voir le visage de quelqu'un s'ouvrir lorsqu'on lui adresse une parole sincère. À voir un sourire apparaître. Une surprise. Parfois même une émotion qu'on n'avait pas anticipée.

Ce sont de tout petits instants, mais ils créent quelque chose entre deux personnes. Une forme de reconnaissance mutuelle.

Pendant quelques secondes, nous sortons de nos habitudes, de nos préoccupations et de cette façon de traverser le quotidien parfois sans vraiment nous regarder.

Nous nous rencontrons. Et je trouve cela précieux.

Ce qui compte finalement, c'est de ne pas systématiquement laisser nos belles pensées se perdre dans le silence.

Alors la prochaine fois que vous admirerez quelqu'un, que vous remarquerez un détail qui vous plaît ou qu'une personne rendra votre journée plus agréable, demandez-vous si vous pourriez simplement le lui dire. Avec naturel. Avec délicatesse. Avec sincérité.

Parce que nous ne savons pas toujours ce que nos mots peuvent changer chez les autres. Mais nous savons ce que notre silence ne leur permettra jamais d'entendre.

Je suis Aurélie, j’accompagne les femmes sur des thématiques comme le rapport au corps, la confiance en soi, les transitions de vie, en visio et en Alsace (Colmar).

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Quand la maladie change le regard sur soi