Burn-out ou simple fatigue : comment reconnaître les signes de l’épuisement professionnel ?

On termine ses journées vidée, on pense au travail le soir et le week-end ne suffit plus à récupérer. Pourtant, on continue à se dire que ce n’est qu’une période chargée, qu’il faut tenir… encore un peu.

Bien évidemment, toute fatigue professionnelle n’est pas un burn-out, et heureusement. Mais l’épuisement professionnel a quelque chose de particulièrement insidieux : il s’installe souvent progressivement. Les limites sont repoussées, les signaux minimisés et continuer à fonctionner devient une habitude.

Apprendre à reconnaître les premiers signes du burn-out peut permettre de demander de l’aide avant d’arriver à l’effondrement. Il ne s’agit pas de poser soi-même un diagnostic, mais de savoir repérer les changements qui méritent d’être pris au sérieux.

Quelle différence entre fatigue professionnelle et burn-out ?

La fatigue ordinaire permet encore de récupérer

La fatigue telle que nous la connaissons toutes est généralement liée à une cause identifiable. Ces derniers temps ont été particulièrement chargés et vous comprenez pourquoi, le soir, vous vous écroulez sur votre canapé avec la sensation d’être épuisée.

Avec du repos et un ralentissement, cette fatigue finit néanmoins par diminuer. Elle laisse progressivement revenir davantage d’énergie, d’envie et de disponibilité pour autre chose.

Elle n’envahit pas nécessairement toutes les sphères de la vie. Vous pouvez être exténuée après une journée de travail, mais retrouver l’envie de faire du sport, de voir une amie, d’aller au cinéma ou de vous consacrer à un projet personnel après avoir pu vous reposer.

Cette fatigue n’altère pas durablement le rapport que vous entretenez avec votre travail, vos capacités ou vous-même.

Dans l’épuisement professionnel, le repos ne suffit plus vraiment

La situation devient plus préoccupante lorsque vous vous réveillez en étant déjà épuisée. Les week-ends ou les congés n’apportent qu’un soulagement limité et vous vous sentez rapidement submergée au moment de reprendre le travail.

Vos ressources physiques, émotionnelles et cognitives diminuent progressivement. Vous avez moins de patience, vous pouvez devenir plus irritable et vous commencez à abandonner ou à mettre de côté les activités qui, jusque-là, vous ressourçaient. Vous pouvez également avoir l’impression d’évoluer dans un brouillard mental permanent.

Continuer à fonctionner au quotidien vous demande alors un effort de plus en plus important.

Le burn-out ne correspond donc pas simplement au fait d’être très fatiguée. Il est lié à un stress professionnel chronique qui finit par épuiser les ressources de la personne.

Quels sont les premiers signes du burn-out ?

Le burn-out ne se manifeste pas de la même façon chez tout le monde. Les signes peuvent être physiques, émotionnels, cognitifs ou comportementaux.

Aucun d’entre eux ne suffit, à lui seul, à conclure à un épuisement professionnel. C’est leur accumulation, leur persistance et leur retentissement sur la vie quotidienne qui doivent alerter.

Les signes physiques

La fatigue devient persistante et peut être accentuée par un sommeil perturbé. Vous pouvez avoir des difficultés à vous endormir, vous réveiller pendant la nuit ou avoir la sensation de ne jamais récupérer réellement.

Des tensions musculaires, des douleurs ou des maux de tête plus fréquents peuvent également apparaître. Certaines personnes rencontrent des troubles digestifs, des palpitations, une oppression ou d’autres manifestations corporelles inhabituelles.

Ces symptômes peuvent avoir de nombreuses causes et ne sont pas spécifiques au burn-out. Il est donc nécessaire d’en parler à un médecin afin d’évaluer la situation et d’écarter une éventuelle cause médicale.

Les signes émotionnels

Vous pouvez vous sentir plus irritable ou plus sensible qu’habituellement, y compris dans votre vie personnelle. Des situations jusque-là supportables deviennent difficiles à gérer et la moindre sollicitation peut donner l’impression d’être celle de trop.

Une boule au ventre ou à la gorge avant de se rendre au travail peut signaler une anxiété croissante. Vous pouvez vous sentir plus rapidement découragée, dépassée ou perdre l’enthousiasme que vous éprouviez auparavant dans vos fonctions.

Un détachement, une forme d’indifférence qui ne vous caractérisaient pas peuvent également s’installer. Cette prise de distance n’est pas nécessairement un manque d’implication : elle peut devenir une manière de se protéger lorsque les ressources émotionnelles sont presque épuisées.

Les signes cognitifs

Lorsque l’on est épuisée, il devient plus difficile de se concentrer. Cela peut entraîner des oublis, des indécisions, des erreurs inhabituelles ou des difficultés à organiser et à hiérarchiser les tâches.

Cette sensation d’avoir constamment le cerveau saturé peut être particulièrement difficile à vivre. La charge mentale ne s’arrête plus à la fin de la journée : les tâches à accomplir, les problèmes rencontrés et la peur d’oublier quelque chose continuent à tourner dans les pensées.

À mesure que l’épuisement s’installe, le sentiment d’être efficace dans son travail peut également diminuer. Des tâches autrefois simples demandent davantage d’efforts. Les erreurs ou les oublis alimentent alors le doute et l’on peut finir par remettre en question ses compétences.

La personne travaille parfois encore plus pour compenser, sans parvenir à retrouver le sentiment d’en faire suffisamment.

Les changements dans le comportement

Certaines personnes allongent leurs journées ou intensifient encore leurs efforts pour essayer de rattraper leur retard ou leurs erreurs. Cette stratégie peut entretenir un cercle difficile : l’épuisement favorise les difficultés, puis ces difficultés conduisent à travailler davantage et à s’épuiser encore plus.

D’autres personnes commencent à s’isoler, à éviter les échanges ou à repousser certaines tâches parce qu’elles ne disposent plus de l’énergie nécessaire pour y faire face.

La consommation de café, de tabac, d’alcool ou de médicaments peut également augmenter dans une tentative de tenir, de se calmer ou de parvenir à dormir.

Progressivement, l’épuisement prend de plus en plus de place. Les loisirs, les relations et les activités qui faisaient du bien sont abandonnés, non parce qu’ils n’ont plus d’importance, mais parce que la personne ne dispose plus de suffisamment de ressources pour en profiter.

Il peut être important d’apprendre à repérer ces changements pour soi, mais également chez les autres. Une conjointe, une amie ou un collègue peut parfois observer une transformation avant même que la personne concernée ne prenne pleinement conscience de son épuisement.

Pourquoi peut-on ne pas voir l’épuisement arriver ?

L’installation de l’épuisement peut être difficile à percevoir. La charge de travail augmente parfois progressivement et tenir devient une habitude. On repousse l’échéance en se disant que la situation finira par se calmer après ce dossier, cette période ou cette dernière urgence.

Vous pouvez vous sentir responsable de tout et vous comparer aux autres qui, d’après vous, assurent sans sourciller. Vous finissez alors par minimiser votre propre souffrance. Votre conscience professionnelle vous pousse à en faire toujours davantage alors même que vos ressources diminuent.

Il est important de comprendre que les personnes qui s’épuisent ne sont pas nécessairement celles qui manquent de ressources. Elles peuvent, au contraire, paraître très solides, compétentes et autonomes.

Elles réussissent longtemps à compenser, à s’adapter et à masquer leurs difficultés. Leur entourage continue donc à penser qu’elles maîtrisent la situation. Mais le corps et l’esprit finissent souvent par rappeler que l’on tire depuis trop longtemps sur la corde.

Le burn-out n’est pas seulement une question de fragilité individuelle

Certaines façons de fonctionner peuvent favoriser le surinvestissement : le perfectionnisme, la peur de décevoir, le besoin de faire ses preuves ou la difficulté à poser des limites.

Mais il serait réducteur de considérer le burn-out comme un problème individuel ou comme la conséquence d’une mauvaise organisation personnelle.

Une charge de travail durablement excessive, des objectifs irréalistes, un manque de moyens ou d’autonomie, une faible reconnaissance, des relations professionnelles difficiles, des conflits de valeurs, une insécurité professionnelle ou encore l’impossibilité de déconnecter peuvent profondément fragiliser l’équilibre d’une personne.

Apprendre à mieux écouter ses limites est important. Mais cela ne peut pas compenser indéfiniment un environnement de travail devenu nocif ou des conditions qui ne permettent plus d’effectuer correctement son travail.

Que faire lorsque l’on se reconnaît dans ces signes ?

1. Consulter son médecin

Le médecin pourra évaluer les symptômes physiques et psychiques, rechercher d’autres causes possibles et apprécier la gravité de la situation. Il pourra également envisager un arrêt de travail si cela est nécessaire.

Le médecin du travail peut aussi être sollicité pour parler du lien entre votre état de santé et vos conditions de travail, réfléchir à d’éventuels aménagements et préparer, le moment venu, les conditions d’une reprise.

2. Parler de la situation à une personne de confiance

Mettre des mots sur ce que l’on traverse peut réduire l’isolement et permettre de prendre un peu de recul.

Lorsque l’on s’est habituée à tenir, le regard d’une personne extérieure aide parfois à mesurer plus justement l’ampleur de l’épuisement. Il n’est pas nécessaire de disposer déjà des mots exacts ou de savoir précisément ce dont on a besoin pour commencer à en parler.

3. Identifier ce qui épuise réellement

Il ne s’agit pas simplement de chercher comment mieux s’organiser.

Il peut être nécessaire de comprendre ce qui, dans la charge de travail, l’environnement professionnel, les relations, le manque de reconnaissance ou les exigences que l’on s’impose, mobilise autant de ressources.

Cette réflexion n’a pas pour but de trouver immédiatement une solution ou de décider s’il faut quitter son emploi. Elle permet d’abord de distinguer ce qui appartient au métier, au contexte de travail, aux contraintes actuelles et aux mécanismes qui ont conduit à tenir au-delà de ses limites.

4. Réduire la pression lorsque cela est possible

Tout ne pourra probablement pas être réglé du jour au lendemain. Certains aménagements, même modestes, peuvent néanmoins éviter de continuer à alimenter l’épuisement : reporter ce qui peut l’être, demander de l’aide, rendre sa charge plus visible ou renoncer temporairement à certaines obligations.

Il ne s’agit pas d’ajouter une nouvelle liste de choses à faire parfaitement. Dans une période d’épuisement, préserver le peu d’énergie disponible devient déjà une priorité.

5. Se faire accompagner

Un accompagnement peut aider à comprendre les mécanismes qui ont conduit à tenir au-delà de ses limites, à reconnaître plus tôt ses signaux d’alerte et à reconstruire progressivement des limites plus protectrices.

Il peut également permettre d’explorer la place prise par le travail, le rapport à la performance, la peur de décevoir, la difficulté à demander de l’aide ou les besoins restés trop longtemps au second plan.

Cet accompagnement intervient en complément du suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.

Lorsque la souffrance devient trop importante

L’épuisement professionnel peut parfois s’accompagner d’une détresse psychologique intense, d’un sentiment d’impasse ou d’idées suicidaires. Dans ce cas, ne restez pas seule avec ce que vous traversez.

Vous pouvez contacter gratuitement le 3114, numéro national de prévention du suicide, accessible partout en France, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112, ou rendez-vous aux urgences les plus proches.

Prendre les signaux au sérieux avant l’effondrement

Se reconnaître dans certains de ces signes ne signifie pas nécessairement que l’on traverse un burn-out. Une fatigue persistante, des troubles du sommeil, une perte de motivation ou des difficultés de concentration peuvent avoir différentes origines. C’est pourquoi l’avis d’un médecin reste indispensable.

Mais il n’est pas nécessaire non plus d’attendre de ne plus pouvoir se lever, travailler ou accomplir les gestes du quotidien pour considérer que la situation mérite de l’attention.

Lorsque le repos ne suffit plus, que le travail envahit progressivement toutes les pensées et que continuer demande toujours davantage d’efforts, il est important de ne pas banaliser ce que le corps et l’esprit tentent de signaler.

Demander de l’aide ne signifie pas que vous n’avez pas été assez forte. Cela signifie peut-être, au contraire, que vous commencez à ne plus vous demander seulement comment tenir, mais comment vous préserver.

Après avoir pris en charge l’urgence et retrouvé un peu de sécurité, un accompagnement peut permettre de comprendre ce qui a conduit à cet épuisement et de retrouver progressivement un équilibre plus respectueux de vos besoins.

Si vous traversez une période d’épuisement professionnel, je vous accompagne à Colmar ou en visio, en complément d’un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire. Ensemble, nous pouvons prendre le temps de comprendre ce qui vous a conduite à tenir au-delà de vos limites et vous aider à revenir progressivement à vous.

Aurélie Rhodier, psychopraticienne à Colmar et en visio

Mes accompagnements sont à retrouver ici.

Précédent
Précédent

Transitions de vie : quand tout change et que l’on ne sait plus très bien qui l’on est

Suivant
Suivant

Charge mentale : pourquoi ai-je l’impression de devoir penser à tout ?