Transitions de vie : quand tout change et que l’on ne sait plus très bien qui l’on est
Il existe des périodes où notre ancienne vie ne nous correspond plus tout à fait.
Il n’y a pas toujours besoin d’un évènement dramatique pour sentir que quelque chose bouge. Parfois, le changement s’installe progressivement : un travail qui n’a plus de sens, une relation qui change, un épuisement, une rencontre, un désir nouveau, une maternité, une séparation, les enfants qui grandissent, un déménagement.
La liste pourrait être longue car finalement la vie n’est remplie que de ces petits et grands chamboulements.
Certains passent presque inaperçus. D’autres viennent remettre en question des choses que l’on pensait pourtant acquises depuis longtemps. Et parfois, ce n’est pas seulement notre quotidien qui change. C’est la manière dont nous nous regardons, dont nous envisageons notre avenir ou même dont nous nous définissons.
Les transitions visibles… et celles qui le sont beaucoup moins
Il y a les changements identifiés : un divorce, une reconversion, une naissance, un deuil. Et nous comprenons rapidement comment une personne peut se retrouver chamboulée.
Et puis il y a des transitions plus intérieures. Celles que l’extérieur ne perçoit pas toujours mais qui peuvent pourtant occuper l’esprit, perturber les nuits, questionner les jours.
Sur le papier, rien n’a forcément changé.
Nous avons toujours le même travail, la même maison, parfois le même couple et le même quotidien. Et pourtant quelque chose ne semble plus tout à fait à sa place.
C’est parfois ce qui rend ces périodes si difficiles à comprendre. Puisqu’il ne s’est « rien passé », nous cherchons une raison suffisamment valable pour expliquer ce que nous ressentons. Et si tout va plutôt bien, pourquoi est-ce que je ne vais pas si bien que ça ?
Quand ce qui fonctionnait jusque-là ne fonctionne plus
Cela peut commencer dans la vie professionnelle.
Un métier choisi quelques années auparavant peut ne plus avoir le même sens aujourd’hui. Nous pouvons continuer à être compétente, à avoir une situation stable et même à apprécier certains aspects de notre travail tout en sentant progressivement qu’il ne nous correspond plus.
Alors arrivent parfois la culpabilité et les questions.
Pourquoi vouloir autre chose alors que j’ai déjà une situation correcte ? Est-ce que je ne devrais pas simplement être reconnaissante ? Et si je quittais tout pour finalement regretter ?
Le burn-out peut lui aussi provoquer ce genre de remise en question. Au-delà de l’épuisement, il vient parfois mettre en lumière une façon de fonctionner que nous ne voulons ou ne pouvons plus reproduire.
Revenir « comme avant » devient alors compliqué, puisque c’est justement cet avant qui nous a parfois amenée jusqu’ici.
La question n’est donc plus uniquement de récupérer. Elle peut devenir : qu’est-ce que je veux construire différemment maintenant ?
Quand les rôles que nous occupions évoluent
Nous nous définissons aussi beaucoup à travers les places que nous occupons.
Nous sommes mère, conjointe, professionnelle, fille, aidante… Et certains de ces rôles prennent parfois tellement de place que nous ne nous demandons plus vraiment qui nous sommes en dehors d’eux.
Une maternité peut profondément modifier la perception que l’on a de soi. Quelques années plus tard, des enfants qui deviennent plus autonomes peuvent faire émerger une question presque inverse : et moi, maintenant ?
Une séparation peut elle aussi dépasser largement la fin d’une relation. Après plusieurs années passées à penser à deux, il faut parfois réapprendre à penser en « je ».
Nos parents vieillissent. Notre corps change. Nos priorités évoluent.
Et la personne que nous étions à 25 ans n’est pas obligée d’avoir exactement les mêmes envies à 40.
Cela semble évident écrit ainsi. C’est parfois beaucoup moins simple lorsqu’on le vit.
Quand nos relations viennent nous révéler quelque chose
Certaines rencontres ont aussi cette capacité étrange à déplacer quelque chose en nous.
Pas nécessairement parce qu’elles sont destinées à bouleverser toute notre vie, mais parce qu’elles peuvent faire apparaître un besoin, un manque ou une partie de nous que nous regardions peu jusque-là.
Une relation peut nous faire prendre conscience que nous nous sommes beaucoup adaptées. Une séparation peut révéler tout ce que nous avions progressivement accepté. Une nouvelle rencontre peut faire émerger une façon d’aimer, de communiquer ou simplement d’être que nous ne connaissions pas encore.
Et parfois, ce que nous découvrons ne correspond pas tout à fait à l’histoire que nous avions écrite pour nous-mêmes.
C’est souvent là que la transition devient plus inconfortable.
Parce qu’il ne s’agit plus seulement de changer quelque chose dans notre vie. Il faut accepter l’idée que nous avons peut-être changé nous aussi.
Quand le questionnement touche à l’identité ou à l’orientation sexuelle
Il arrive aussi que ce mouvement intérieur vienne toucher à quelque chose de particulièrement intime : notre identité ou notre orientation sexuelle.
Une attirance inattendue. Une rencontre. Un questionnement qui revient régulièrement. Ou parfois quelque chose que l’on avait probablement déjà ressenti mais que l’on ne s’était jamais vraiment autorisée à regarder.
Et tout à coup, beaucoup de questions peuvent arriver avec.
Pourquoi maintenant ? Est-ce que cela veut dire quelque chose ? Est-ce que cela remet en question ce que j’ai vécu auparavant ? Est-ce que je dois mettre un mot dessus ? Et si je me trompais ?
Ces questionnements peuvent être particulièrement solitaires.
Parce qu’il n’est pas toujours facile d’en parler à son entourage lorsque nous ne savons pas encore nous-mêmes ce que nous cherchons à dire. En parler peut parfois donner l’impression de rendre les choses réelles, de devoir apporter une réponse ou de risquer que les autres nous définissent avant même que nous ayons eu le temps de comprendre ce qui se passe en nous.
Pourtant, se questionner ne signifie pas devoir immédiatement se définir.
Il peut exister un temps entre ressentir quelque chose, le comprendre, l’accepter et éventuellement choisir de le nommer.
Et ce temps-là a aussi le droit d’exister.
Cet étrange endroit entre l’avant et l’après
C’est peut-être finalement ce que toutes ces transitions ont en commun. Elles nous placent dans un entre-deux.
L’ancienne situation ne nous correspond plus complètement, mais la suivante n’existe pas encore. Nous savons parfois très bien ce que nous ne voulons plus sans avoir la moindre idée de ce que nous voulons à la place.
Nous ne sommes déjà plus tout à fait celle que nous étions, sans encore connaître celle que nous sommes en train de devenir. Et l’incertitude est rarement confortable.
Alors nous pouvons avoir envie d’aller vite. Trouver une réponse. Prendre une décision. Choisir une nouvelle direction. Mettre un mot sur ce que nous ressentons. Comme si savoir permettait enfin de retrouver un sol un peu plus stable. Mais toutes les périodes de transition ne demandent pas nécessairement une réponse immédiate. Certaines demandent d’abord du temps.
Et si nous n’avions pas besoin de tout savoir tout de suite ?
Il peut être tentant de chercher LA bonne décision.
Dois-je quitter mon travail ? Rester dans mon couple ? Partir ? Me reconvertir ? Est-ce que cette rencontre signifie quelque chose ? Qui suis-je réellement ? Qu’est-ce que je veux ?
Évidemment, certaines situations nécessitent de prendre des décisions. Mais avant cela, il peut être utile de comprendre ce qui est réellement en train de bouger.
Qu’est-ce qui ne me correspond plus aujourd’hui ?
Qu’est-ce que je continue à faire parce que je le souhaite et qu’est-ce que je fais parce que j’ai appris que c’était ce que l’on attendait de moi ?
Qu’est-ce que je crains de perdre si quelque chose change ?
Et surtout : si je n’avais rien à prouver à personne, qu’est-ce que j’aurais envie d’écouter davantage ?
Il n’est pas toujours nécessaire de connaître immédiatement la destination pour commencer à regarder dans quelle direction nous avons envie d’avancer.
Se faire accompagner pendant une transition de vie
Consulter pendant une période de transition ne signifie pas forcément que quelque chose va mal.
Parfois, nous avons simplement besoin d’un endroit où déposer toutes ces questions sans avoir à apporter immédiatement de réponse.
Un espace dans lequel il est possible de parler d’un travail qui ne nous convient plus sans qu’on nous dise de démissionner. D’évoquer une relation sans que quelqu’un décide à notre place si nous devons rester ou partir. De questionner notre orientation sexuelle sans avoir besoin de nous définir.
L’accompagnement peut alors permettre de remettre un peu d’ordre dans ce qui semble confus, de différencier nos envies de nos peurs, nos besoins des attentes extérieures et de comprendre ce que cette période vient peut-être raconter de nous aujourd’hui.
Non pas pour décider à notre place de la personne que nous devrions devenir. Mais pour nous permettre de rencontrer, progressivement, celle que nous sommes peut-être déjà en train de devenir.
J’accompagne notamment les femmes qui traversent ces périodes de transition et de questionnement, à Colmar ou en visio.
Et vous n’avez pas besoin de savoir exactement ce qui doit changer pour commencer à en parler.
Aurélie Rhodier, psychopraticienne à Colmar
Mes accompagnements sont à retrouver ici.